Anacademie
Video by Leo CONDÉ
Nous habitons les interstices Les silences violant la loi de l’histoire Nos drapeaux noirs crèvent la gueule souterraine de Paris On grouille dans les creux, aux fissures des grands boulevards Sous les brèches de cette époque dite « moderne » qui nous laisse La langue amère, le regard froid Que percevez-vous du peuple depuis vos trônes d’académiciens ? Que savez-vous de nos langages ? De nos savoirs ? De notre soif - de vivre hors de la chape de plomb que vous avez placé sur nos chants de flammes ? De la poésie lorsqu’elle échappe au pouvoir ? Ça nous prend à la jugulaire Votre mépris, vos ravages d’assimilation républicaine, vos discours empalés sur les lames de la pensée totalitaire Votre arrogance destructrice à vouloir écrire l’Histoire Jusqu’à écraser tous les mondes qui ne vous emboîtent pas le pas Nous, les invisibles, qui sillonnons le temps pour le mener à sa perte Nous qui n’aurons jamais de visages sinon celui des grands brasiers Nous, qui à l’éternité, préférons l’éphémère, nous frapperons le marbre avant de disparaître Que les épées essayent d’éteindre le feu Il est temps d’accoucher de l’aube Porter nos barbaries au soleil Brandir nos savoirs-pirates Fendre les chaines de l’ancien monde Retrouver le poids de nos langues La rage portée en étendard Et nos espoirs comme des blasons Il est temps d’accoucher de l’aube Retrouver les traditions primordiales Crier comme les enfants sauvages Franchir les frontières malades qu’ils tracent Pour nous éviter de lever le regard Regarde On a déjà dépassé le toit de leur monde